Jusqu'au début des années 1800, le homard était considéré comme la nourriture des pauvres, des prisonniers et des serviteurs.Le homard avait tellement mauvaise réputation qu'on l'utilisait comme engrais en agriculture. On a commencé à s'intéresser beaucoup plus au homard vers 1820. Des grandes villes comme New York et Boston aux États-Unis en demandaient de plus en plus pour la consommation.
La véritable pêche au homard a commencé vers les années 1850 dans le Maine aux Etats-Unis et au Canada. Au Canada, la pêche au homard était pratiquée à petite échelle jusque dans les années 1870. À partir de ce moment, le nombre de pêcheurs et la quantité de homards pêchés ont augmenté rapidement. Aujourd'hui le homard est considéré comme une espèce de grande valeur commerciale.


Le homard se pêche à l'aide de casiers dans lequel on met un appât, en général des poissons morts (maquereau, hareng ou plie). Le homard est attiré par l'odeur du poisson et il entre dans le casier. Celui-ci est conçu pour que le homard de taille commerciale ne puisse pas ressortir. Les casiers sont attachés les uns aux autres et sont déposés dans le fond de l'eau pour un minimum de 24 heures avant d'être remontés. Les homards sont récupérés et les pinces sont fermées à l'aide d'élastiques. Les casiers sont appâtés à nouveau et remis à l'eau pour un autre 24 heures.
Le homard est une espèce très exploitée et les débarquements sont importants. C'est pourquoi les gouvernements, en collaboration avec les associations de pêcheurs, ont dû mettre sur pied une façon de gérer la pêche au homard afin d'éviter une trop grande exploitation de cette espèce et assurer l'avenir de cette pêche.
Plusieurs règlements ont donc été créés pour protéger le homard :
- Le nombre de permis de pêche a été limité ;
La pêche débute avec le départ des glaces et se termine en juillet. Dans certaines régions, la pêche débute en automne ;- Une taille légale basée sur la longueur du céphalothorax a été établie. Les pêcheurs ont le droit de garder les homards dont la longueur du céphalothorax est égale ou supérieure à la taille minimale établie pour leur région (au Canada, les tailles légales se situent entre 71 et 84 mm suivant les régions). Cette décision a été prise pour que les homards puissent se reproduire au moins une fois avant d'être pêchés. Dans certains endroits comme dans le Maine aux États-Unis, les pêcheurs n'ont pas le droit de garder les très gros homards (céphalothorax plus grand ou égal à 127 mm). Ils veulent ainsi garder les meilleurs reproducteurs en liberté car les gros homards pondent une plus grande quantité d'oeufs ;
- Les femelles oeuvées sont protégées. Les pêcheurs doivent les remettre à l'eau ;
- La dimension et le nombre de casiers sont limités. De plus, les trappes ont des évents d'échappement pour permettre aux petits homards de s'échapper ;
- Les pêcheurs peuvent marquer une femelle oeuvée à l'aide d'une encoche en V sur le telson. Lorsqu'elle est pêchée à nouveau, elle doit être remise à l'eau même si elle ne porte pas d'oeufs.
En plus de la réglementation, tous les débarquements de homards sont compilés. Ces résultats permettent de suivre l'évolution des débarquements avec les années et d'évaluer l'état des populations de homard. De plus, dans certaines régions, des homards sont marqués et remis à l'eau pour en savoir plus sur leurs déplacements. Plusieurs échantillonnages sont fait en mer pour connaître la composition des captures (pourcentage de femelles et de mâles, le nombre de homard de taille commerciale par rapport au nombre de homard juvénile, le nombre de femelles oeuvées, etc.) Toutes ces données vont servir entre autres à mieux gérer la pêche.
Le homard est une espèce qui a une grande valeur commerciale et les populations sont fortement exploitées. En théorie il est possible d'en faire l'élevage car on a toutes les connaissances nécessaires pour le faire. Cependant, il n'existe pas vraiment de ferme d'élevage pour deux raisons principales :
Premièrement, les homards et même les larves de homard sont très agressifs lorsqu'ils sont maintenus en captivité.
Ils se battent et s'entretuent. Pour limiter ce comportement agressif, il faut maintenir les larves en mouvement à l'aide d'un courant dans le bassin jusqu'au stade de postlarve. Par la suite, chaque individu est isolé dans un cubicule pour qu'il ne se batte pas avec les autres. L'élevage de homards demande donc beaucoup d'espace et de travail pour l'entretien et l'installation coûte très cher ;
Deuxièment, le homard grandit très lentement en nature. Suivant la région où il vit, ça peut prendre entre 5 et 10 ans avant qu'il ne soit assez gros pour être mangé. Une ferme d'élevage, ne peut pas se permettre d'attendre aussi longtemps. Pour accélérer le processus, la température de l'eau doit être maintenue entre 20°C et 22°C. Le homard grandit plus vite quand la température de l'eau est plus chaude et il peut atteindre une taille commerciale en 2 ou 3 ans. En augmentant la température, le homard mange beaucoup plus et les risques de maladies sont plus élevés ce qui augmente les risques de mortalité et les coûts de production. De plus, le maintien d'une température aussi élevée demande un système de chauffage performant et très coûteux.
Produire des homards en élevage n'est donc pas vraiment rentable jusqu'à présent. Par contre, des fermes d'élevage ont déjà produit des petits homards qui ont été relâchés en nature dans le but d'augmenter les populations naturelles. Cependant, on ne sait pas si la méthode est vraiment profitable. On ignore le taux de survie de ces petits homards une fois relâchés.
Le homard étant une espèce importante pour l'économie et l'écosystème marin. Beaucoup de recherches se font pour bien connaître cette espèce et mieux gérer la pêche. Il est possible de l'étudier directement sur le terrain (en nature) ou en laboratoire.
La recherche en nature permet d'étudier principalement le comportement, l'abondance, l'habitat, les déplacements et la distribution des populations de homards. Ces recherches se font en bateau et/ou en plongée sous-marine. En bateau, les homards sont échantillonnés à l'aide de casiers ou d'un chalut à langoustine. Il est également possible d'échantillonner les larves de homard à l'aide d'un filet à plancton. L'échantillonnage en plongée sous-marine permet, quant à lui, d'observer le homard et son comportement dans son habitat naturel. La plongée permet aussi d'observer et d'échantillonner les jeunes homards (premiers stades benthiques) qu'on ne peut pas capturer avec les casiers ou le chalut.
La recherche en laboratoire étudie principalement la physiologie et le comportement du homard en fonction de son environnement. Par exemple, il est possible d'étudier sa croissance, sa respiration, sa reproduction, sa survie en fonction de différents facteurs comme la température, la salinité ou la quantité d'oxygène dans l'eau. Les effets de la pollution sur le homard et sur les larves du homard sont également étudiés en laboratoire. Pour faire ce genre d'études, les homards sont gardés dans un bassin ou un aquarium.



